Faire financer une formation d’anglais quand on est salarié
Trois circuits coexistent, et ils ne se valent pas selon qui porte le projet. Savoir lequel emprunter évite de consommer son CPF pour une formation que l’employeur aurait payée.
La question de départ : qui porte le projet
Tout part de là. Si c’est votre employeur qui décide que vous devez progresser en anglais pour votre poste, le circuit est le sien. Si c’est vous, pour un projet personnel, une mobilité ou une reconversion, le circuit est le vôtre.
Confondre les deux mène à l’erreur la plus fréquente : consommer ses droits personnels pour une montée en compétence qui relevait de l’entreprise.
Quand l’employeur porte le projet
Le dispositif s’appelle le plan de développement des compétences. Il a remplacé l’ancien plan de formation avec la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel. L’employeur décide, organise et finance ; la formation se déroule sur le temps de travail.
Pour l’alimenter, l’entreprise peut solliciter son OPCO, opérateur de compétences agréé par l’État. Chaque entreprise relève d’un seul OPCO, déterminé par sa branche professionnelle, et non choisi. Les OPCO ont succédé aux OPCA à la même date.
Concrètement, si vous êtes salarié et que l’anglais vous manque pour tenir votre poste, la première démarche est une discussion avec votre responsable ou votre service des ressources humaines. Elle ne coûte rien et elle préserve vos droits personnels.
Quand vous portez le projet vous-même
Le CPF, compte personnel de formation, est alimenté en euros et se mobilise par son titulaire sur le service public moncompteformation.gouv.fr. C’est vous qui choisissez la formation, dans le catalogue des offres éligibles.
Deux points de vigilance. D’abord l’éligibilité : pour les langues, elle passe le plus souvent par le passage d’une certification inscrite au Répertoire spécifique. Une formation sans examen final est rarement finançable par cette voie.
Ensuite le reste à charge : depuis 2024, une participation forfaitaire demeure à la charge du titulaire pour la plupart des dossiers, avec des cas d’exonération, notamment pour les demandeurs d’emploi et pour les dossiers abondés par l’employeur. Son montant est indexé et évolue, donc la seule source fiable est le service public lui-même.
Le montage mixte, souvent négligé
Rien n’interdit à un employeur d’abonder le CPF d’un salarié volontaire, c’est-à-dire d’y ajouter un financement pour compléter les droits disponibles. Cette formule sert quand le projet intéresse les deux parties sans relever strictement du poste.
Elle suppose l’accord explicite du salarié, puisque le CPF lui appartient. Elle a aussi un effet pratique appréciable : dans plusieurs configurations, l’abondement de l’employeur modifie le reste à charge du titulaire.
Le critère qui élimine des prestataires
Un organisme qui dispense de la formation professionnelle continue doit déclarer son activité auprès de la DREETS de sa région et détient un numéro de déclaration d’activité (article L6351-1 du Code du travail).
Au-delà, Qualiopi est obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour accéder aux fonds publics et mutualisés, ce qui inclut le CPF et les financements OPCO. Un organisme sans Qualiopi peut parfaitement enseigner, et parfois très bien : il ne peut simplement pas être payé par ces fonds.
La règle pratique tient en une phrase : si votre montage repose sur un financement, vérifiez la certification du prestataire avant de comparer les programmes. Si vous payez de votre poche, ce critère disparaît et le champ s’élargit, notamment vers les professeurs indépendants.
Le montage employeur est détaillé sur la page cours d’anglais en entreprise. Il est particulièrement fréquent dans les communes de parcs d’activités du secteur, comme le montrent les cours d’anglais à Genas ou l’anglais pour les salariés à Brignais.